Association Nationale des Psychiatres Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers
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Pénuries de 14 médicaments en psychiatrie
Paris, le 23 avril 2025
Pénuries de 14 médicaments en psychiatrie depuis le 1er janvier 2025 :une situation intenable et qui s’accentue…
Depuis le 1er janvier 2025, 14 tensions d’approvisionnement et ruptures de stock en médicaments psychotropes ont été publiées par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM)1.
Comme précisé par la Direction Européenne de la Qualité du Médicament & Soins de Santé, « la menace des pénuries de médicaments, qui nuisent à la continuité des soins et entraînent des augmentations de coûts, plane constamment sur les systèmes de santé européens. Ce problème est antérieur à 2020, mais a été exacerbé par les conséquences de la pandémie de COVID-19 et par l’instabilité géopolitique ».
Depuis plusieurs mois, la psychiatrie se trouve particulièrement en difficulté avec des tensions d’approvisionnement récurrentes allant jusqu’aux ruptures, et ce pour des molécules de plus en plus nombreuses.
Quels psychotropes sont concernés ?
Des psychotropes jugés essentiels (cf. liste des médicaments essentiels du Ministère du travail, de la santé et des solidarités 2) à savoir des traitements de fond indispensables à la prise en charge médicamenteuse au long cours de nos patients : des antipsychotiques (la Quétiapine, l’Olanzapine injectable à libération prolongée, la Palipéridone injectable à libération prolongée à titre d’exemple), des thymorégulateurs avec le Lithium ou encore des antidépresseurs (notamment la Sertraline).
Quelles conséquences pour les patients ?
- Des déstabilisations cliniques allant jusqu’à des hospitalisations (cas récent d’une patiente hospitalisée suite au remplacement de la Quétiapine à Libération Prolongée par la Quétiapine à Libération Immédiate comme préconisé dans les alternatives de l’ANSM). Le lithium est le « Gold Standard » de la prise en charge de la maladie bipolaire, faisant l’unanimité de toutes les recommandations internationales, comment imaginer ne pas pouvoir en disposer ? 3
- Pour les injections d’Olanzapine Injectable, elles sont réalisées en hôpital de jour. Les patients peuvent venir de loin, selon les territoires, et il faut reporter les rendez-vous le temps de pouvoir disposer de l’injection et espérer que le report ne sera pas à l’origine d’un effet de fin de dose trop important et d’une éventuelle rechute clinique. Il faut imaginer que de nombreux patients disposant des injections mensuelles ont cette proposition de thérapeutique car leur adhésion médicamenteuse à un traitement par voie orale n’est pas optimale.
- Concernant la Sertraline, il s’agit, à nouveau d’un des antidépresseurs les plus utilisés que ce soit dans l’Episode Dépressif Caractérisé ou dans les troubles anxieux. En effet, il présente une pharmacocinétique et un profil d’efficacité intéressants avec peu d’interactions médicamenteuses, comparativement aux autres inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, rendant sa rupture d’autant plus fâcheuse. Ce qui est craint avec les arrêts d’antidépresseur est le syndrome de discontinuation, cliniquement ressenti par les patients 4.
- C’est un véritable « casse-tête » pour les patients et leurs aidants pour essayer de trouver une officine pouvant leur dispenser le traitement, sachant que, de par la maladie, ce type de recherche est particulièrement anxiogène.
- Une surcharge pour le système de santé : les hospitalisations et les consultations d’urgence liées aux rechutes augmentent. Psychiatres, pharmaciens et infirmiers se retrouvent démunis.
Appel à l’action
Nous appelons les autorités sanitaires, les laboratoires pharmaceutiques et les décideurs politiques à prendre des mesures urgentes pour résoudre cette crise. Nous demandons :
- Une transparence accrue sur les stocks et les approvisionnements de médicaments, les ruptures étant qualifiées de ruptures à durée indéterminée. De la même façon, les causes de ces ruptures doivent clairement être identifiées. Pour cela, nous demandons la mise à disposition d’un outil permettant d’identifier les stocks détenus par les laboratoires pharmaceutiques, les dépositaires et les grossistes-répartiteurs ainsi que les pharmacies hospitalières et les pharmacies d’officine. Cet outil devra également permettre la transmission de l’ensemble des informations concernant le produit de santé indisponible (origine de la rupture, délais envisagés, mesures en cours, éléments de priorisation des patients, alternatives recommandées, …).
- Des solutions concrètes pour garantir un approvisionnement continu et stable des médicaments essentiels. Pour cela, nous demandons la mise en place d’un dispositif incitant les laboratoires fabricants à maintenir l’accès à ces médicaments et des dispositions réglementaires permettant de faciliter les flux de médicaments en pénurie, notamment entre les pharmacies à usage intérieur et les pharmacies d’officine.
- Un soutien renforcé pour les professionnels de santé et les patients affectés par ces pénuries. Nous souhaitons notamment que les autorités sanitaires sollicitent le plus en amont possible les sociétés savantes médicales et pharmaceutiques et qu’elles les accompagnent et les soutiennent dans leurs travaux de recherche d’alternatives (AMM, hors AMM, préparations).
La psychiatrie française est déjà à bout de ses moyens et ses professionnels épuisés et en sous-effectifs criants.
1 https://ansm.sante.fr/disponibilites-des-produits-de-sante/medicaments?orderIndex=0&order=DESC
2 https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/liste_medicaments_essentiels_2024.07_08.pdf
3 Overview | Bipolar disorder: assessment and management | Guidance | NICE
4 https://doi.org/10.1016/j.euroneuro.2022.10.005
Laurent BEAUMONT
Président de l’Association Nationale des Responsables Qualité en PSYchiatrie (ANRQPSY)
Philippe BESSET
Président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF)
Anne BOCTOR
Présidente de Jeunes Médecins
Olivier BONNOT et Mircea POLOSAN
Président et Vice-président du CNUP – Choisir Psychiatrie
Cyril BORONAD
Président Syndicat National des Pharmaciens des Etablissements Publics de santé (SYNPREFH)
Éric BRANGER
Président de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH)
Éric BRANGER
Président Syndicat des Praticiens des Hôpitaux Publics (SPHP)
Jean-François CIBIEN
Président d’Action Praticiens Hôpital
Florence COMPAGNON
Présidente du Syndicat National des Pharmaciens Gérants et Hospitaliers (SNPGH)
Marie-José CORTES
Présidente du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)
Nicolas COSTE
Président du Syndicat National des Pharmaciens Praticiens Hospitaliers et Praticiens Hospitaliers Universitaires (SNPHPU)
Antoine DUPUIS
Président de la Société Française de Pharmacie Clinique (SFPC)
Claude FINKELSTEIN
Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie (FNAPSY)
Claudine GARD
Présidente du Conseil National Professionnel de la Pharmacie (CNPP)
Pascale GIRAVALLI
Présidente de l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP)
Thierry GODEAU
Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Établissement de Centres Hospitaliers
Nabil HALLOUCHE
Président de l’Association Nationale pour la Promotion des Soins Somatiques en Santé Mentale (ANP3SM)
Michel JURUS
Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP)
Jean-Paul LANQUETIN
Président d’honneur de l’Association pour le Développement de la Recherche en soins en Psychiatrie (ADRPsy)
Christophe LIBERT
Président de l’Association des Psychiatres Infanto-juvéniles de secteur sanitaire et médico-social (API)
Pascal MARIOTTI
Président de l’Association des Établissements du service public de Santé Mentale (AdESM)
Annick PERRIN-NIQUET
Présidente du Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des Pratiques en Psychiatrie (CEFI-Psy)
Marie-Noëlle PETIT
Présidente de l’Association Nationale des Psychiatres Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d’Etablissements des Centres Hospitaliers (ANPCME)
Damien PEYRONNET
Président du Syndicat National des Radiopharmaciens (SNRPH)
Charles-Olivier PONS
Président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)
Emmanuelle QUEUILLE
Présidente du Réseau PIC (Psychiatrie Information Communication)
Yves REBUFAT
Président exécutif Avenir Hospitalier
Emmanuelle REMOND
Présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM)
Rémi SALOMON
Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Établissement de Centres Hospitaliers Universitaires
Christophe SCHMITT
Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Établissement de Centres Hospitaliers Spécialisés
Norbert SKURNIK
Président par intérim de l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)
Guillaume SUJOL
Trésorier Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs Élargi (SNPHARE)
Olivier TELLIER
Président de l’Association Française des Unités pour Malades Difficiles (UMD)
Michel TRIANTAFYLLOU
Président du Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)
Pierre-Olivier VARIOT
Président de l’Union de Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO)
Documents
Articulations Président de CME / Directeur : les enjeux
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Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de la santé
Paris, le 31 mars 2023
Monsieur le Ministre,
À l’heure où dans notre pays, le Conseil constitutionnel est saisi sur le respect des libertés individuelles fondamentales au cours des hospitalisations en psychiatrie (23 mars 2023), nous ne pouvons fermer les yeux devant le déploiement sur le territoire national de structures autoproclamées « Unité de Soins Intensifs Psychiatriques »(USIP) sans texte légal encadrant leur fonctionnement, ni validation nationale en termes de bonnes pratiques.
Devant cette prolifération la FNAPSY rappelle que ces dispositifs, qui, par nature, font un large usage de la contention et de l’isolement, n’ont pas de base réglementaire et posent des problèmes, tant aux représentants des usagers et parents qu’au CGLPL.
Ce dispositif des USIP est une démonstration de création sans concertation préalable de structures non réglementées ni évaluables, chose inacceptable en droit s’agissant de lieux de privation de liberté.
Nous alertons depuis un certain temps vos services (voir communiqué de presse signé par plusieurs institutions du 15 juillet 2022) sur les risques encourus en laissant se développer de tels service démunis d’encadrement légal ou réglementaire.
Saisi de ce problème la DGOS avait formé, sous la houlette du professeur SENON, un groupe de travail restreint et programmé sa réunion pour le 8 mars 2023. Alors que cette initiative suscitait l’adhésion, elle a été annulée sans explication.
Il nous parait impératif, compte tenu des problèmes de respect des libertés posés, que les projets de création de nouvelles USIP soient gelés tant que les travaux d’une mission ad hoc n’auront pas permis la publication des textes encadrant de tels services.
Ce gel est d’autant plus urgent que nous avons appris qu’il est envisagé d’autoriser un hôpital vendéen à créer une USIP malgré les dysfonctionnements graves relevés par le CGLPL à l’encontre de cet établissement : « la visite a donné lieu au constat d’un nombre important de dysfonctionnements graves portant atteinte à la dignité des patients et à leurs droits fondamentaux. ».
Nous rappelons également la description de l’USIP de Nîmes par le CGLPL “les choix organisationnels ont des effets très négatifs sur le respect des droits des patients en soins sans consentement. Le parcours des patients en soins sans consentement passe par des phases particulièrement attentatoires à leur dignité et au respect de leurs droits…. Le régime de fonctionnement de cette unité est quasi carcéral. ».
Comme indiqué dans notre communiqué de presse du 15 juillet 2022, nous ne voulons pas d’un retour des « pavillons de force » en France.
En espérant que ces informations vous permettront de partager l’inquiétude des patients
que nous représentons, veuillez croire, Monsieur le Ministre à l’assurance de notre très haute considération.
Claude FINKELSTEIN
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